Cas d'usage

Trois groupes, trois réglages.

Le même outil ne se règle pas pareil selon qu'on anime une communauté ouverte, une formation payante ou un groupe de quartier. Voici les trois façons dont il s'installe, et ce que chacune coûte à la fin du mois.

Situations types, pas témoignages. Les réglages sont ceux du produit, les montants sortent de la grille tarifaire.

Premier récit · Communauté santé, gratuite

1 200 membres, une seule personne.

Un groupe ouvert autour de l'alimentation et du jeûne, quatre ans d'existence, environ 2 000 messages par mois. L'animatrice y répond, y publie, et fait le ménage. Seule.

Le groupe marche, et c'est précisément le problème. Un groupe qui marche se voit, et ce qui se voit attire ceux qui viennent vendre. Les messages de démarchage arrivent la nuit, par vagues de deux ou trois, toujours depuis des comptes créés la veille, toujours avec les mêmes tournures.

Le premier geste du matin consistait donc à faire le tour, à supprimer, à bannir, à recommencer. Dix minutes par jour, cinq heures par an, sur un travail qu'aucune machine ne faisait alors qu'il est exactement fait pour une machine.

« J'avais essayé une liste de mots interdits. Elle a supprimé le message d'une habituée. »

Le mot « acheter » figurait dans la liste, et l'habituée demandait où trouver de l'huile de ricin. Personne ne lui a expliqué pourquoi son message avait disparu, et elle n'a plus rien écrit. L'animatrice a désarmé le filtre le soir même et repris le ménage à la main. Un faux positif ne coûte pas un message : il coûte la personne.

Le réglage retenu

Deux semaines à ne rien faire

Le groupe est resté en observation quinze jours. La file s'est remplie, les scores se sont calculés, rien n'a été supprimé. C'est ce relevé, et pas une brochure, qui a servi à décider.

Formule avec analyse, palier standard : les démarcheurs de ce groupe reformulent d'une semaine sur l'autre, et une liste de motifs seule finit toujours par se laisser distancer. Une charte de huit lignes, un glossaire d'une trentaine de termes, six questions fréquentes. « Cure », « jeûne » et « monodiète » ont cessé d'être des signaux. Escalade laissée telle quelle. Le portier reste éteint : le groupe est ouvert, et il doit le rester. Deux mots-clés maison ajoutés après lecture du relevé, pour deux formulations que les règles fournies laissaient passer.

Le coût du mois, ligne à ligne

Sur 2 000 messages, le palier standard n'en fait analyser que ceux que les règles n'ont pas tranchés. Le reste ne coûte rien.

  • Abonnement, formule avec analyse 16,58 €
  • 500 messages ambigus analysés, au coût fournisseur majoré de 30 % 1,72 €
  • Ce qu'elle paie ce mois-ci 18,30 €

Un mois plus calme coûte moins cher, un mois de campagne coûte davantage, et la ligne du milieu suit le volume réel. Vous posez un plafond de dépense et un seuil d'alerte, tous deux modifiables sans nous écrire.

Deuxième récit · Formation payante, groupe réservé

Un groupe qui se referme seul.

Une formation en ligne, environ trois cents personnes à jour de leur abonnement, et un groupe Telegram qui leur est réservé. Deux personnes l'animent, dont une à temps partiel.

Le vrai travail n'était pas la modération : le groupe est fermé, le spam n'y entre pas. Le travail, c'était la liste. Chaque début de mois, il fallait exporter les clients à jour et les retrouver parmi les membres du groupe.

Sauf que Telegram ne donne jamais l'adresse électronique d'un membre. Un participant, vu de l'extérieur, c'est un numéro, un prénom et parfois un pseudonyme. Le rapprochement se faisait donc au pseudonyme, au jugé, deux heures par mois, avec le résultat qu'on imagine.

« Deux anciens clients sont restés huit mois. Une cliente à jour a été exclue par erreur. »

La première erreur coûte de l'argent, et on finit par s'en apercevoir. La seconde coûte une cliente : elle a demandé le remboursement de son année, et elle l'a obtenu. Le rapprochement à la main produit les deux erreurs à la fois, dans les deux sens, tous les mois.

Le réglage retenu

Deux groupes reliés par une porte

Le groupe gratuit reste ouvert à tout le monde. Le groupe de la formation est réservé au palier « client à jour ». Le second sait redescendre vers le premier.

Chaque membre colle son code une fois. C'est la seule preuve d'identité que l'interface de Telegram rende possible, et elle suffit. Portier en observation trois semaines, le temps que la population se rattache. Armer d'emblée aurait réduit au silence des dizaines de clients légitimes. Un abonnement qui s'arrête ne met personne dehors : le compte descend vers le groupe gratuit, avec un message qui dit pourquoi et comment revenir. Un délai de grâce de trois jours, pour qu'une carte expirée ne coûte pas sa place à quelqu'un le temps d'un virement.

Le coût du mois, ligne à ligne

Pas d'analyse par intelligence artificielle sur ce groupe, et c'est un choix, pas une économie de bout de chandelle : derrière une porte fermée, les règles fournies suffisent largement.

  • Abonnement, formule payante sans analyse 8,25 €
  • Consommation à l'usage 0 €
  • Total mensuel, groupes et messages illimités 8,25 €

À l'année, 82,50 €, soit deux mois offerts. Deux heures de rapprochement manuel par mois valent déjà plus que cela.

Troisième récit · Petit groupe public

Trois cents personnes, zéro euro.

Un groupe d'entraide de quartier, trois cents membres, 25 messages par jour en moyenne. Deux administrateurs bénévoles, dont un qui travaille de nuit.

C'est lui qui faisait le ménage, à trois heures du matin, entre deux gardes. Non par vertu, mais parce que c'était le moment où il regardait son téléphone, et que le spam de la nuit était encore en haut du fil.

L'autre difficulté était plus ancienne. Un second robot avait été installé deux ans plus tôt par quelqu'un qui a depuis quitté le groupe. Il bannissait de temps en temps. Personne ne savait selon quelle règle, personne n'avait ses accès, et personne n'osait le retirer de peur de laisser le groupe sans rien.

« On accusait nos propres réglages, et on les désarmait un par un. »

Le journal a réglé la question en une soirée : les bannissements ne portaient pas la marque de Ouraya ModBot. Ils venaient de l'autre robot, qui a été retiré le lendemain. Un journal qui enregistre l'auteur d'une sanction, et pas seulement sa cible, évite ce genre de procès.

Le réglage retenu

La formule gratuite, sans astérisque

Tout ce dont ce groupe a besoin est déterministe, donc ne coûte rien à l'usage, donc n'a aucune raison d'être retenu en otage.

Les règles fournies, plus six mots-clés propres au quartier, dont deux qui retirent le message sans discussion. L'escalade en trois temps, laissée telle quelle. Les deux administrateurs voulaient surtout ne plus avoir à trancher eux-mêmes à trois heures du matin. Le journal des sanctions, qui reste la pièce la plus utile : il a servi à écarter un robot, pas à surveiller des membres. Jusqu'à 5 groupes sur le même compte, ce qui laisse de la place au groupe des annonces et à celui des organisateurs.

Le coût du mois, ligne à ligne

À 25 messages par jour, on arrive à environ 750 messages par mois, sur les 1 000 inclus. Il reste de la marge.

  • Abonnement 0 €
  • 750 messages enregistrés sur les 1 000 inclus 0 €
  • Total mensuel 0 €

L'historique est conservé 7 jours en formule gratuite. Passé ce délai les messages s'effacent, ce qui convient à un groupe de voisins qui n'a aucune envie qu'on archive ses conversations.

Votre situation ressemble sûrement à l'une des trois.

Commencez en observation, sur le groupe qui vous fatigue le plus. Vous verrez ce qu'il aurait fait avant de lui laisser faire quoi que ce soit.